Matoub lounès

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Les œuvres et albums du Matoub :

Son œuvre se compose pour l'essentiel de chansons engagées à la cause identitaire amazighe et aux valeurs démocratiques. Chaque chanson touche à une plaie dans la politique ségrégative de la junte arabo-islamiste au pouvoir. Défenseur farouche de la culture amazighe, Matoub Lounès n'a jamais hésité à manifester sa rébellion face aux thèses des intégristes et à dénoncer la politique d'arabisation forcée de l'école, de l'administration et des médias publics.

  • Le 24 janvier 1956, naissance de Lounès Matoub à Taourirt Moussa (Kabylie).
  • A l'âge de 9 ans, il fabriqua sa première guitare à l'aide d'un bidon vide d'huile de voiture;
  • Dès l'adolescence, il composa ses premières chansons;
  • Considérant que l'enseignement dispensé par l'école algérienne ne visait qu'à meubler la mémoire des pires aberrations, il déserta l'école en 1975;
  • En 1978, il enregistra son premier album, dont le succès phénoménal l'imposa comme un grand espoir de la chanson algérienne d'expression berbère;
  • Outre les chansons composées pour d'autres artistes, son œuvre est riche de 36 albums. Elle traite les thèmes les plus variés : la revendication berbère, les libertés démocratiques l'intégrisme, l'amour, l'exil, la mémoire, l'histoire, la paix, les droits de l'Homme, la finitude, les problèmes existentiels. Il était témoin de son temps.
  • En dépit de son interdiction dans les médias algériens et notamment la radio et la télévision, il restait le chanteur berbère le plus populaire et adulé par tout un peuple;
  • Criblé de 5 balles par un gendarme, lors des événements d'octobre 1988, il subit 17 interventions chirurgicales, 2 années d'hospitalisation, un sacrum artificiel, rétrécissement de sa jambe de 5 centimètres et son handicap à vie;
  • Enlevé par un groupe islamiste armé en 1994, séquestré pendant 15 jours et condamné à mort avant d'être libéré suite à une gigantesque mobilisation populaire;
  • Le 06 décembre 1994, il reçut "le Prix de la mémoire" décerné par Madame Danielle Mitterrand, Présidente de La Fondation France Libertés (Paris) succédant ainsi à des hommes et des organisations qui ont consacré leur vie à la lutte pour la préservation du souvenir de l'aventure humaine;
  • Le 22 mars 1995, le S.C.I.J.(Canada) lui remit Le Prix de la Liberté d'expression ;
  • Le 19 décembre 1995, il reçoit le Prix Tahar Djaout décerné par La Fondation Abba au siège de l'UNESCO (Paris) ;
  • En 1996, il participe à la marche des rameaux en Italie pour l'abolition de la peine de mort;
  • En plus de la chanson, il a pris sa plume pour interroger son âge et son espace dans un livre intitulé "rebelle" aux éditions stocks en 1995;
  • Le 25 juin 1998 Lounès Matoub est lâchement assassiné dans des conditions mystérieuses avant la sortie de son dernier album ( lettre ouverte aux…) qui lui a valu un Disque D'or.
  • Le 28 Juin, plusieurs milliers de personnes ont assisté à l'enterrement du poète devant sa maison dans son village natal.
  • Le 30 Juin le GIA revendique l'assassinat de Matoub Lounès.

                 Extraits du Livre de Lounès Matoub

Matoub Lounès, Le Rebelle

Le chanteur Matoub Lounès ayant fait son service militaire à Oran, évoque cette période.

Page 59-60: "Une fois j'ai pris la défense d'un Kabyle qu’un gradé harcelait (..) Le sergent chargé de l'instruction a posé une question à un paysan illettré de Tizi-Ouzou. Il savait qu'il ne comprenait pas le moindre mot. J'ai essayé de lui venir en aide. Le sergent m'a littéralement insulté, ce qui amusa fort bien les autres soldats. Pour m'être mêlé de ce qui ne me regardait pas, j'ai été puni. J'ai dû faire une marche en canard sur cinquante mètres, puis ramper sur des tessons de verre pendant plusieurs minutes, les manches de chemise et le bas du pantalon remonté. Une fois la punition terminée, mes coudes, mes genoux étaient en sang. Et ce n'est qu'un exemple....."

Page 63-64:
"Après son service militaire, le jeune Algérien devait avoir compris que le seul moyen pour lui d'avoir la paix, était de se soumettre. Avec moi, le résultat fut rigoureusement inverse: à ma démobilisation, j'étais plus révolté que jamais ..."

Page 96:
"En 1985, j'avais de grosses difficultés avec un producteur, les Éditions Disco Laser, qui m'escroquait et me devait beaucoup d'argent. J'enregistrais à l'époque un disque à Nogent-sur-Marne et je rentrais assez tard à mon hôtel près de Barbès.
Un soir, je trouve le producteur qui m'attendait à la réception de l'hôtel. Sous sa veste je vois un couteau. Il commence à m’insulter. Peut-être avait-il bu, en tout cas, je sentais que les choses commençaient à mal tourner. J'avais, moi aussi,un couteau dans ma chambre. Sous un prétexte quelconque, je monte le chercher. En redescendant, je constate que mon producteur, loin de se calmer, me provoque de plus belle (..)
Nous sortons, nos couteaux dans nos mains (...) Dès qu'une voiture passait, nous faisions comme si de rien n'était. Aussitôt après, la bagarre reprenait avec plus d'énergie. A un moment donné, je le touche à l'abdomen. Il s'écroule.
Affolé, je me suis enfui. Je suis allé dans une boite de nuit où j'ai essayé de réfléchir: il fallait que je quitte le pays. J'ai pensé rejoindre Annemasse où j'avais des amis et de là, gagner l'aéroport de Genève pour prendre le premier avion vers Alger. Au petit matin, je suis retourné à l'hôtel récupérer mes affaires. En passant à la réception, j’ai deviné quelque chose de bizarre. Je suis monté dans ma chambre pour faire ma valise, et là j'ai entendu une voix qui me disait:"Si tu bouges, je t'éclate ta tête. "Evidemment je n'ai pas bougé. C'était un flic en civil qui m’attendait (...)
Le lendemain, je me retrouve à la prison de la Santé (..)
Enfin, quatre semaines plus tard, je suis convoqué chez le directeur (..) Il m'annonçait que j'étais libéré: le producteur, légèrement blessé, était un multirécidiviste de l'arme blanche. Aucune charge n'était retenue contre moi....."

Page 101:
"On me considère comme le chanteur le plus populaire de mon pays, et pourtant je reste interdit d'antenne. Paradoxe étonnant....."

Page 111-->Page 115(Lorsqu'il a reçu les balles en octobre 1988):
"Le 9 octobre, nous décidons de nous réunir devant l'université de Tizi-Ouzou pour diffuser un tract appelant la population au calme et à 2 journées de grève générale en signe de soutien aux manifestants d’Alger (..)

Je prends un paquet de tracts à distribuer et je monte dans ma voiture. Deux étudiants m'accompagnaient. Quelques kilomètres avant Michelet (ville kabyle), une Land Rover venant en sens inverse fonce droit sur nous. C'était un véhicule de la gendarmerie. Nous avions étés repérés. Mon objectif était d'atteindre Michelet où, croyais-je, les gendarmes hésiteraient sans doute à nous arrêter en pleine ville (...)

Tout à coup, éclate une détonation. Dans le rétroviseur, je vois un des occupants de la Land Rover sortir la tête de la voiture. Je m'arrête brusquement. Les gendarmes, surpris, heurtent mon pare-chocs arrière. Furieux, ils sortent et commencent à m'insulter, tout en passant les menottes aux 2 étudiants qui m'accompagnaient. Je pensais que j'allais subir le même traitement. Pas du tout. Après les insultes viennent les crachats. En arabe, ils me traitent de "fils de bâtard". Soudain, l'un d'entre eux s'approche de moi, il ajuste son arme et me tire à un mètre de distance une balle dans le bras. L'impact me fait vaciller (...)
Une balle m'a traversé l'intestin et fait éclater le fémur droit. Je ne sentais plus ma jambe. Je me suis effondré. Puis, je me souviens qu'on m'a jeté dans la Land Rover, sans aucun ménagement (...)

Les gendarmes m'ont malgré tout emmené à l'hôpital de Michelet, un hôpital petit et mal équipé. En arrivant dans la cour, je me rappelle qu'ils ont crié au personnel médical, en arabe: "Tenez, le voilà votre fils de chien!"...."

Discographie et albums 

Matoub Lounès : Albums

  • 1978 : Ay izem; Daâwessu
  • 1979 : Ruh ay aqcic; yekkes-as znad iw cekkel; ay idurar n-jerjer; ay ahlili
  • 1980 : AtwaliY; recital à l'Olympia
  • 1981 : Assa-agi lliY; essla3vit ay avahri; at yiraten
  • 1982 : Tirgin
  • 1983 : Tamsalt n-sliman
  • 1984 : Tarwa n-lhif
  • 1985 : Yecdas i-rebbi leqlam; a lvavur
  • 1986 : Les deux compères; tamurt-iw
  • 1987 : Tissirt n ndama
  • 1988 : Lmut; rwah rawah
  • 1989 : L'ironie du sort
  • 1991 : Regard sur l'histoire d'un pays damné (vol1); Izri-w (vol2)
  • 1993 : Communion avec la patrie (vol1); Imeshaf (vol2)
  • 1994 : Kenza
  • 1996 : L'espoir (vol1); La complainte de ma mère (vol2)
  • 1997 : Au nom de tous les miens(vol 1et2)
  • 1998 : Lettre ouverte aux...

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